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Poète italien né à Rome. Improvisateur applaudi dès l'âge de dix ans, Métastase
est remarqué par Gian Vincenzo Gravina (1664-1718), un des fondateurs de l'Académie
de l'Arcadie, qui le prend sous sa protection, grécise son nom de Trapassi en Metastasio
et lui donne une éducation classique. Il est ensuite confié, en Calabre, au philosophe
cartésien Gregorio Caloprese. En 1718, son protecteur meurt, lui laissant sa fortune
et sa bibliothèque. L'année suivante, Métastase travaille à Naples dans l'étude
d'un avocat. Mais ses poésies lui concilient vite les grâces de la bonne société
napolitaine. En 1721, à la requête du vice-roi, il compose Les Jardins des Hespérides
(Gli Orti Esperidi), qui marquent le début d'une longue série d'œuvres théâtrales
: Didon abandonnée (Didone abbandonata, 1724), son premier mélodrame, qui connaît
un immense succès, Caton (Catone in Utica, 1728), Artaxerxès (Artaserse, 1730),
Olympiade (Olimpiade, 1733), La Clémence de Titus (La Clemenza di Tito, 1734), Attilius
Regulus (Attilio Regolo, 1740), pour ne citer que les plus célèbres de ses pièces.
Il composa en outre, au cours de sa carrière féconde, un grand nombre de livrets
d'oratorios et de cantates.
Les biographes de Métastase placent généralement sa vie sous le signe de trois Marianne.
La première, la cantatrice Marianna Bulgarelli, dite la Romanina, qui joue le rôle
de Vénus dans Les Jardins des Hespérides, s'éprend du jeune auteur, l'introduit
dans le milieu des musiciens et le pousse vers le mélodrame, genre le plus conforme
à son génie, sur lequel reposera le plus clair de sa renommée. C'est à la Romanina,
qui est pendant des années son inspiratrice et son guide dévoué, qu'il doit d'être
appelé, en 1729, à la cour de Vienne dont il deviendra le poète officiel. La seconde
Marianne, veuve du comte d'Althann, est dame de compagnie de l'impératrice. L'affection
qui la lie au poète, après la mort de la première Marianne en 1734, est telle que
certains parleront d'un mariage secret. La troisième muse du poète sera la jeune
Marianne Martinez, fille du maître de cérémonies de la nonciature apostolique, chez
qui il loge. Il lui portera un amour tout paternel, assurera son éducation, lui
faisant en particulier donner des leçons de piano par un musicien qui deviendra
célèbre : Joseph Haydn.
Alliant une sensibilité affinée par une lecture assidue du Tasse à une exceptionnelle
maîtrise de langage et de style forgée à l'école de Gravina et de Caloprese, l'art
de Métastase est souvent mièvre, mais toujours d'une extrême aisance. On a dit de
lui qu'il imaginait des tragédies plus qu'il ne les sentait et, effectivement, beaucoup
de ses héros tragiques tournent au pathétisme larmoyant. Il n'en reste pas moins,
par son style aux effets savamment dosés, par la musicalité et la frappe impeccable
de ses vers, le poète à succès par excellence : il est celui qui a su, mieux que
tout autre, couler dans un moule attrayant les lieux communs sentimentaux et les
idées en vogue dans la « bonne société » européenne de son temps.
© Encyclopædia Universalis 2011, tous droits réservés
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