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L'un des compositeurs les plus fertiles de son temps, et dans les domaines les plus
variés. Élève de Legrenzi à Venise, Caldara mène jusqu'en 1716 une vie vagabonde
: Rome, Vienne, Madrid... Il est alors nommé second Kapellmeister de l'empereur
Charles VI à Vienne, où il demeure jusqu'à sa mort. Son œuvre couvre tous les domaines,
et elle est abondante : quatre-vingts opéras, des sérénades, des cantates profanes,
trente-huit oratorios, vingt messes, des sonates, des œuvres pour clavier. Mais
la diversité de ses styles n'est pas moins confondante. Il reste proche d'un style
corellien dans ses sonates à deux violons et basse ; ses opéras (dont le premier
fut composé à dix-neuf ans, et le dernier à soixante-six ans) passent du style vénitien
à celui de l'opéra napolitain ; ses œuvres religieuses, où l'on trouve tour à tour
la stricte écriture scolastique a cappella (Missa in contrapuncto canonica), la
tradition vénitienne des grandes masses chorales, voire polychorales (Crucifixus,
à seize voix), les oppositions d'airs pour solistes et de chœurs (Missa dolorosa).
Cette gigantesque synthèse est l'un des fondements de ce style baroque composite
propre à l'Allemagne du Sud et à l'Autriche. La renommée de Caldara dura fort longtemps
après lui ; il influença profondément l'école de Mannheim et Haydn. Beethoven le
connaissait et l'admirait.
© Encyclopædia Universalis 2007, tous droits réservés
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